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(le départ a été décalé pour éviter que nous rencontrions trop tôt les orages qui sévissent sur la pointe Espagnole et on nous rallonge le parcours (500 miles) en nous obligeant à faire le tour du DST. C’est quoi le DST : un rail pour les cargos qui est interdit aux autres bateaux)

Départ, pour une bouée à dégagement à aller chercher avant de descendre sous spi vers le DST du Cap Finistère qui est à contourner. Au début, nous avons 10, 15 nœuds et il est prévu dans la nuit que cela monte à plus de 25 nœuds pendant quelques heures.
Jusque 2h, du matin, tout se passe au mieux, le bateau va vite, et je ne veux pas affaler, je veux réussir à tenir Wasabi (un autre JPK 1010 très réputé), je commence à prendre confiance en mon pilote et plus le vent forcit, plus je prends de la distance et arrive à tenir les SunFast 3600.
Mais la pantoire de tangon va lâcher, je fais un départ au tas et ressort avec une grosse cocotte dans l’étai. Ma drisse de génois étant resté à poste, le spi, s’est pris dedans et après plus de 2h de travail acharné à essayer de tout démêler, je vais prendre l’option d’étouffer mon spi avec la 2ème drisse de génois et d’aller dormir sous simple grande voile.
Au petit matin (13ème sur 23 en temps réel), toujours avec mon spi en cocotte, je vais envoyer mon spi A5 sur tangon. Cela va durer plus de 36h. Le bateau continue de bien descendre mais je n’arrive pas récupérer les places perdues.
Jeudi soir, comme convenu, nous rencontrons les orages, un coup venant du sud, alors direction plein Ouest, puis cela vient de l’Ouest alors on pique vers le Sud. Je croise plusieurs fois des bateaux faisant comme moi, objectif se sauver de l’orage.
Il est prévu, une grosse bulle d’air vendredi dans l’après-midi, l’objectif pour moi est de foncer dessus au plus vite pour pouvoir défaire tous les tours dans mon spi et mes drisses afin de pouvoir tout libérer car pour passer le DST, il va falloir que je puisse renvoyer le génois. L’avantage, c’est que le bateau est tellement stable sous A5 tangoné que je profite pour prendre de l’avance au niveau sommeil.
Vendredi 14h, enfin la bulle, après 2h de suée, tout est nettoyé (un gros cri de joie), je peux enfin renaviguer proprement. Et là, plus question de dormir, c’est du près, du louvoyage entre les cargos pour aller chercher le DST. Je suis toujours 13ème.
Au petit matin, après une bonne nuit blanche, j’apprends que je suis passé 5ème en réel. La fête ne sera que de courte durée car à la vue des bateaux qui sont loin derrière et le peu de vent, le comité de course décidera d’annuler la course et de nous demander de faire route au moteur vers Baiona.

Après cette 1ère course au large, cela permet d’analyser et d’appendre… Quand tu es en solitaire, avec des soucis…. Tu te sens vraiment seul ! Il faut garder le moral pour la suite et surtout retenir que prendre trop de de risque, n’est pas la bonne solution.